Une fois n'est pas coutume,
commençons une critique de navet par un compliment : les strips de Jim Davis sont un vrai chef-d'œuvre d'humour anglophone ! Problème : il s'agit bel et bien d'une BD inadaptable
sur grand écran… et c'est d'autant plus inadaptable quand des producteurs ont l'effroyable idée d'en pondre une version non animée. Pire : seul le personnage éponyme est réalisé en 3D.
Certes, il aurait été impossible de trouver un vrai chat qui puisse incarner Garfield donc ça pourrait paraître une bonne idée. Sauf que ça cloche quand on voit à quel point il s'insère
très mal dans l'univers "réel". On dirait qu'il flotte sur le sol à chaque pas ! Aucune alchimie donc dans cette incrustation bâclée, et encore moins avec les autres chats du film, qui eux
sont de vrais chats… qui parlent !* |
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Mais le gros problème, finalement, n'est pas en Garfield lui-même car au fond c'est bien le seul à rester parfois en accord avec l'œuvre originale. Pour preuve, les pâles
incarnations des deux autres personnages phare de la BD : Jon et Odie. Dans cette version horrifilmique , Jon n'a rien à voir avec le pauvre beauf éternellement célibataire de
la BD. Non, ici c'est une sorte de fils à papa juste très naïf, pas réellement idiot (quand même un peu !) et surtout très fade, sans aucun charisme**. |
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Qu'en est-il de l'histoire et du style ? Pour simplifier, c'est un peu Beethoven 7 version féline ! En clair, un film familial dans le plus pur style hollywoodien
écervelé, à la standardisation extrême, donc affligeante, avec ce côté "tout-arrive-toujours-à-s'arranger-parfaitement" qui donne envie de gerber ! Plantons le décor : Garfield vit
tranquillement ça vie de patachon dans la maison de son maître Jon. « C'est juste un chat pantouflard et grassouillet », conclue Liz, la sexy véto (qui, comme par hasard, possède une robe
courte à mille lieues de la blouse des autres femmes du cabinet !). |
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Liz ? Ben c'est comme qui dirait le coup de foudre de lycéen de Jon avec qui on sait déjà qu'il finira tôt ou tard car on aura le droit à un banal happy-end US ! Et puis Liz, c'est celle qui convainc Jon d'adopter Odie (je précise que le mot "adopte" n'est pas de moi, c'est un dialogue du film). Forcément atteint du syndrome "aîné-jaloux-qui-se-sent-délaissé", notre cher chat orange*** fait tout pour se débarrasser du chien gênant. Sauf qu'on est dans un film amerlock fourré de bonnes morales donc il veut rapidement se racheter en récupérant Odie des griffes de Happy Chapman, un méchant présentateur télé qui s'en est emparé dans un but égoïstement lucratif. Bref, même les mots "classique", "cliché" ou "téléphoné" ne suffisent pas ! Comment, déjà, peut-on croire une seconde que le Garfield dont on a l'habitude se préoccupe tant d'autres personnes que lui-même, abandonne ses répliques cinglantes et ses vannes, et se mette à jouer les super-héros ? Comment peut-on plus dénaturer une œuvre en l'adaptant dans un style si opposé au style d'origine ? On passe de l'ironie et du sarcasme de la BD à un ton acidulé et gnangnan dans son adaptation ciné. Berk ! En VO, la voix de Bill Murray passe encore (son côté flegmatique colle bien au personnage de Garfield) mais celle de Cauet dans la VF c'est une véritable torture ! On se croirait plongé dans une version longue d'un de ses sketches infâmes qui polluent sa Méthode . Du lourd, du très lourd, du beaucoup trop lourd. On redoute alors une intervention de ses acolytes habituels : Cécile de Ménibus, Niko et Cartman. En clair, de l'abruti, du pétomane, du vulgaire, du grotesque… Heureusement ça se limite juste à du Cauet soft , ce qui est déjà trop en soi ! |
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Bon, ne nous torturons pas plus, oublions Cauet, re-switchons sur la VO pour digérer un peu mieux cette immondice cinématographique et revenons à l'incroyable intrigue pour
vous faire part d'un de ces détails fabuleux qui font de ce film un vrai navet. Distillons pour cela d'excellentes répliques ! |
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Situons d'abord : Jon vient de s'apercevoir que Garfield a disparu, un jour après qu'Odie se soit lui aussi volatilisé (« c'est à cause de moi, je suis un mauvais maître
! »), il court alors retrouver Liz car il sait qu'elle aura une excellente idée, ce qu'elle confirme avec brio : « allons au parc » ! En fait, le film est truffé de répliques ineptes de
ce genre et les personnages arrivent toujours au bon endroit sans aucune logique. C'en est plus qu'énervant : ça donne presque la gerbe ! |
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Raphoufoune
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* Cette tradition de faire parler les animaux dans les films US est le plus souvent insupportable et ce n'est pas cette daube qui fera figure d'exception !
Réalisateur : Peter Hewitt |